En bref : en partant vivre à l’étranger, tu ne deviens pas « non-résident fiscal » par le seul fait de prendre l’avion : tout dépend de ton foyer, de ton activité, de tes intérêts économiques et, parfois, d’une convention fiscale. Si tu es bien non-résident, la France ne t’impose plus que sur tes revenus de source française, avec un taux minimum de 20 % ou 30 % (revenus 2025), sauf si le taux moyen t’est plus favorable. La déclaration de l’année du départ est obligatoire et se dépose l’année suivante.
Informations vérifiées le 9 octobre 2026 sur les sites officiels.
Les chiffres ci-dessous concernent les revenus 2025, déclarés au printemps 2026. Ils sont revalorisés ou modifiés chaque année : vérifie toujours ceux de la campagne en cours avant de remplir ta déclaration.
Les chiffres et les règles à connaître
| Sujet | Ce que disent les sources officielles | Source et date |
|---|---|---|
| Être résident fiscal en France | Tu es domicilié fiscalement en France si ton foyer (conjoint ou partenaire de Pacs, enfants) y reste, ou, à défaut de foyer, si ton lieu de séjour principal y est ; ou si tu y exerces une activité professionnelle (sauf si elle est accessoire) ; ou si tu y as le centre de tes intérêts économiques. | impots.gouv.fr, page modifiée le 8 avril 2026 |
| Deux pays te considèrent comme résident | Les conventions fiscales prévoient des critères qui l’emportent sur le droit interne. Sans convention, chaque pays applique son propre droit. | impots.gouv.fr, page modifiée le 8 avril 2026 |
| Ce qui est imposé en France | Un non-résident n’est imposé que sur ses revenus de source française et sur ceux que la convention attribue à la France. | Fiche DINR, mars 2026 |
| Taux minimum d’imposition | 20 % jusqu’à 29 579 € de revenu imposable, 30 % au-delà (revenus perçus en 2025). Si le barème donne un taux plus élevé, c’est le barème qui s’applique. | Fiche DINR, mars 2026 |
| Option pour le taux moyen | Le barème est appliqué à tes revenus français et étrangers pour calculer un taux, qui s’applique ensuite seulement à tes revenus imposables en France. Il ne joue que s’il est plus favorable que le taux minimum. | Dossier de presse DINR, mars 2026 |
| Barème de l’impôt 2026 (revenus 2025) | 0 % jusqu’à 11 600 € ; 11 % de 11 601 à 29 579 € ; 30 % de 29 580 à 84 577 € ; 41 % de 84 578 à 181 917 € ; 45 % au-delà. | Dossier de presse DINR, mars 2026 |
| Retenue à la source des non-résidents | Elle concerne les salaires pour une activité exercée en France et les pensions ou rentes versées par un débiteur établi en France. Abattement de 10 %, puis 0 % jusqu’à 17 122 €, 12 % de 17 122 à 49 667 €, 20 % au-delà (revenus 2025). | Dossier de presse DINR, mars 2026 |
| Dates limites de la campagne 2026 | Déclaration en ligne : jeudi 21 mai 2026 à 23 h 59 pour les non-résidents. Déclaration papier : mardi 19 mai 2026. Les dates de la campagne 2027 ne figuraient pas dans les sources consultées. | Dossier de presse DINR, mars 2026 |
| Exit tax | Elle concerne les personnes résidentes fiscales en France pendant au moins six ans sur les dix dernières années et détenant des titres d’une valeur globale d’au moins 800 000 € ou représentant au moins 50 % des bénéfices d’une société. | impots.gouv.fr, page modifiée le 10 mars 2026 |
Les étapes
- Vérifie que tu es vraiment non-résident. Reprends les critères du tableau : si ton foyer reste en France, ou si ton activité principale ou le centre de tes intérêts économiques y reste, tu restes résident. Deux cas particuliers : les agents publics en poste à l’étranger dont le foyer reste en France, et certains couples mixtes mariés ou pacsés sous un régime de communauté. Ils continuent à déposer une déclaration pour l’année entière.
- Prépare ton accès en ligne avant de partir. Crée ton espace Finances publiques sur impots.gouv.fr (numéro fiscal, numéro d’accès en ligne et revenu fiscal de référence, ou FranceConnect). Vérifie ton adresse e-mail : depuis 2025, un code à usage unique y est envoyé à chaque connexion. Si un proche ou un professionnel fait ta déclaration, indique son adresse comme adresse de secours.
- Garde un compte bancaire dans la zone SEPA. L’administration indique qu’il en faut un pour payer l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. En cas de refus d’ouverture, tu peux invoquer le « droit au compte » auprès de la Banque de France.
- Signale ta nouvelle adresse. Fais-le en ligne, dans ton espace Finances publiques, sans attendre la déclaration. Préviens aussi ton employeur et ta caisse de retraite si tu continues à toucher un salaire ou une pension : l’imposition de ces revenus change généralement.
- L’année suivant ton départ, dépose ta déclaration. Elle est obligatoire. Tu remplis le formulaire 2042 avec tous tes revenus du 1er janvier à la date du départ (les revenus de source étrangère vont sur le formulaire 2047, puis sont reportés). Si tu as des revenus de source française imposables après ton départ, tu ajoutes le formulaire 2042-NR, qui couvre la période du départ au 31 décembre. En ligne, il se trouve dans l’onglet « Déclarations annexes ». Le papier est exigé si tu n’as pas accès à la déclaration en ligne, si c’est ta première déclaration en France ou si tu ne déclares que ton patrimoine.
- Coche le taux moyen. À l’étape 3 de la déclaration en ligne, choisis « Bénéficier du taux moyen d’imposition (s’il est plus favorable) » et renseigne les revenus français et étrangers de ton foyer. L’administration conseille d’opter systématiquement : tu es ainsi sûr d’avoir le taux le plus favorable.
- Après le traitement de cette déclaration, le service des impôts des particuliers non-résidents (SIP-NR) devient ton service gestionnaire si tu as encore des revenus de source française imposables. Si tu n’en as plus, dis-le clairement dans la partie « renseignements complémentaires » de ta déclaration.
- Renseigne-toi dans ton pays d’accueil. Contacte l’administration fiscale locale pour connaître tes obligations de déclaration et de paiement, même si tu paies encore de l’impôt en France. Selon la convention, certains revenus français peuvent devoir être déclarés dans les deux pays.
Les pièges à éviter
- Croire que partir suffit. Un seul critère suffit pour rester résident fiscal français : foyer, activité principale ou intérêts économiques. Garder sa famille ou l’essentiel de ses revenus en France peut te maintenir résident.
- Chercher une règle des 183 jours. Les pages officielles consultées pour le droit français ne s’appuient pas sur un nombre de jours : elles listent les critères ci-dessus. La convention de ton pays d’accueil peut, elle, prévoir d’autres critères.
- Oublier la déclaration de l’année du départ. Elle est obligatoire, même si tu n’as plus aucun revenu en France ensuite.
- Envoyer ta déclaration scannée par la messagerie sécurisée. En 2026, l’administration a prévenu que ces envois ne pouvaient pas être traités et que le contribuable était alors considéré comme défaillant.
- Ne pas cocher le taux moyen. Sans cette option, le taux minimum de 20 % ou 30 % peut s’appliquer alors qu’un taux plus bas aurait été possible.
- Confondre retenue à la source et prélèvement à la source. La retenue des non-résidents (salaires, pensions) n’est pas le prélèvement à la source des résidents.
- Oublier tes biens en France. Les impôts locaux restent gérés par le service du lieu du bien, l’impôt sur la fortune immobilière par le SIP-NR, et des prélèvements sociaux peuvent s’appliquer aux revenus immobiliers français. L’exit tax, si tu détiens des titres importants, se déclare avec le formulaire 2074-ETD.
Questions fréquentes
Combien de jours dois-je passer hors de France pour être non-résident ?
Les pages officielles consultées ne donnent pas de nombre de jours. Elles posent des critères : foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle principale, centre des intérêts économiques. Une convention fiscale peut ensuite départager deux pays.
Dois-je déclarer mes revenus si je n’ai plus rien en France ?
Pour l’année du départ, oui : la déclaration est obligatoire. Ensuite, si tu n’as plus aucun revenu de source française imposable, tu l’indiques dans les renseignements complémentaires de ta déclaration.
Quel taux vais-je payer ?
Au minimum 20 % jusqu’à 29 579 € de revenu imposable et 30 % au-delà (revenus 2025), sauf si le barème donne plus, ou si le taux moyen est plus favorable.
La France taxe-t-elle mes revenus gagnés à l’étranger ?
En principe non : tu es imposé uniquement sur tes revenus de source française et sur ceux que la convention attribue à la France. Tes revenus mondiaux servent seulement à calculer le taux moyen, ils ne sont pas taxés en France.
Une convention fiscale existe-t-elle avec mon pays ?
La page « Conventions internationales » d’impots.gouv.fr propose un menu par pays. On y trouve notamment l’Arabie saoudite, l’Algérie, Bahreïn, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Indonésie, la Jordanie, le Koweït, la Malaisie, le Maroc, Oman, le Qatar, le Sénégal, la Tunisie et la Turquie, mais pas le Brunei ni les Comores. Une convention répartit le droit d’imposer entre les deux pays.
Qui contacter en cas de doute ?
La direction des impôts des non-résidents répond par la messagerie sécurisée de ton espace Finances publiques ou par téléphone au +33 1 72 95 20 42, du lundi au vendredi de 9 h à 16 h (heure de Paris).
Pour aller plus loin
- Les démarches à faire avant de quitter la France
- Transférer de l’argent quand on vit à l’étranger
- Le retour en France après une expatriation
- Garder un compte bancaire français quand on est non-résident
- Vendre, louer ou garder son logement en France
- Sécurité sociale et carte Vitale au départ
- Gains en cryptomonnaies et résidence fiscale à l’étranger
Sources
- impots.gouv.fr, « Je pars vivre à l’étranger, quelles démarches dois-je accomplir ? » (page modifiée le 25 juin 2026), consultée le 9 octobre 2026
- impots.gouv.fr, « Suis-je non-résident fiscal ? » (page modifiée le 8 avril 2026), consultée le 9 octobre 2026
- DINR, « Les particularités de la fiscalité des non-résidents » (version de mars 2026), consultée le 9 octobre 2026
- DINR, dossier de presse « Impôt sur les revenus 2025 » (mars 2026), consulté le 9 octobre 2026
- impots.gouv.fr, « Je quitte la France, suis-je concerné par l’exit tax ? » (page modifiée le 10 mars 2026), consultée le 10 octobre 2026
- impots.gouv.fr, « Les conventions internationales », consultée le 10 octobre 2026
- impots.gouv.fr, « Je suis non-résident, suis-je redevable des prélèvements sociaux ? » (page modifiée le 19 juillet 2023), consultée le 10 octobre 2026