En bref : si tu t’installes à l’étranger pour y travailler, tu dois déclarer ton départ à ta caisse d’assurance maladie dans le mois qui suit et rendre ta carte Vitale. Ensuite, tout dépend de ton statut : en expatriation, tu relèves du régime du pays d’accueil (tu peux compléter avec la Caisse des Français de l’étranger, la CFE) ; en détachement, tu restes dans le régime français. Entre la France et certains pays, comme l’Algérie, le Maroc, la Tunisie ou la Turquie, une convention bilatérale facilite la transition.
Informations vérifiées le 9 octobre 2026 sur les sites officiels.
Les règles à connaître, en un coup d’œil
| Sujet | Règle officielle |
|---|---|
| Déclarer ton départ | Formulaire « Déclaration de transfert de résidence hors de France » à envoyer à ta caisse dans un délai d’un mois après la date à laquelle tu cesses de résider en France. Les enfants mineurs qui partent avec toi sont concernés, et chaque adulte qui t’accompagne fait la même démarche (ameli.fr, mise à jour le 19 janvier 2026). |
| Carte Vitale et carte européenne | À restituer avant le départ, avec celles de tes enfants mineurs qui partent avec toi (ameli.fr). Exception pour un retraité de l’EEE, qui n’est pas obligé de rendre sa carte Vitale (service-public.gouv.fr, page vérifiée le 11 janvier 2023). |
| Expatriation | Tu ne relèves plus du régime français. Tu cotises et tu es couvert dans le régime du pays d’accueil. Elle n’a pas de durée limitée (CLEISS). |
| Détachement dans l’UE, l’EEE ou la Suisse | 24 mois au départ, prolongeable dans certains cas (CLEISS). |
| Détachement dans un pays lié à la France par une convention | De 1 à 5 ans au départ, selon les États (CLEISS). |
| Détachement sans convention | Possible jusqu’à 6 ans au sens de la seule loi française, sans dispense de cotiser dans le pays où tu travailles (CLEISS). |
| CFE | Adhésion volontaire. Elle s’ajoute à la cotisation au régime local et n’empêche pas de bénéficier d’une convention bilatérale. Hors EEE et sans convention, elle peut couvrir maladie-maternité-invalidité, accidents du travail et maladies professionnelles, et retraite de base (service-public.gouv.fr). |
Les conventions bilatérales : quels pays ?
Selon la liste des conventions bilatérales de sécurité sociale en vigueur publiée par le CLEISS, la France est liée à environ 40 États et territoires. Parmi les pays qui t’intéressent peut-être :
| Pays | Convention bilatérale en vigueur avec la France ? |
|---|---|
| Algérie, Maroc, Tunisie, Turquie | Oui |
| Sénégal, Mauritanie | Oui |
| Égypte, Jordanie, Liban, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Qatar, Oman, Bahreïn, Koweït | Ne figurent pas dans la liste |
| Malaisie, Indonésie, Brunei, Comores | Ne figurent pas dans la liste |
À quoi sert une convention ? Selon le CLEISS, elle peut supprimer les clauses de résidence et les conditions de stage pour accéder aux prestations, permettre de totaliser les périodes d’activité pour la retraite et, parfois, ouvrir le statut de travailleur détaché. Son contenu varie d’un pays à l’autre. Aucune ne couvre le risque chômage. Selon service-public.gouv.fr, avec une convention tu bénéficies d’une égalité de traitement avec les habitants du pays, les prestations locales s’ouvrant après un délai variable selon la convention. Avant de partir, demande à ta caisse le formulaire d’attestation de périodes prévu par la convention.
Sans convention, tes droits dépendent du régime local. Le CLEISS conseille alors de te renseigner sur le système du pays avant de partir, et, s’il ne suffit pas, de cotiser à la CFE ou de prendre une assurance privée.
Expatriation ou détachement : comment savoir ?
Selon ameli.fr et le CLEISS, tu es expatrié si tu ne relèves plus du régime de protection sociale français : tu dépends du régime local. Tu es détaché si ton régime français est maintenu pendant une mission temporaire et que le lien avec ton employeur reste en place. En détachement, tu gardes le régime français pour l’ensemble des risques ; certains pays peuvent en plus exiger une cotisation locale. Le détachement dépend de ta situation avec ton employeur : fais préciser par écrit si tu es détaché ou expatrié.
Les étapes
- Clarifie ton statut avec ton employeur : expatriation ou détachement ? Demande-lui le document qui l’atteste.
- Regarde si une convention existe avec ton pays de destination (liste CLEISS ci-dessus). Si oui, demande à ta caisse le formulaire d’attestation de périodes avant de partir.
- Remplis la « Déclaration de transfert de résidence hors de France » et envoie-la à ta caisse primaire dans le mois qui suit ton départ, avec les cartes à restituer. Ce formulaire ne se remplit pas depuis ton compte ameli.
- Restitue ta carte Vitale et ta carte européenne d’assurance maladie, ainsi que celles de tes enfants mineurs qui partent avec toi.
- Affilie-toi au régime du pays d’accueil (via ton employeur ou l’organisme local) et vérifie à partir de quand les soins sont pris en charge.
- Décide si tu adhères à la CFE pour garder une couverture maladie française en plus, et compare avec une assurance privée. Plus de détails dans notre page dédiée à la CFE.
- Au retour, signale ton départ à l’organisme du pays quitté et rouvre tes droits auprès de ta caisse française. D’après ameli.fr, cela passe par un formulaire de demande de réouverture (S1106).
Les pièges à éviter
- Garder la carte Vitale « au cas où ». Selon service-public.gouv.fr, elle n’est utilisable que si tu résides et es assuré en France. Il faut la restituer.
- Dépasser le délai d’un mois pour déclarer ton départ à ta caisse.
- Partir sans couverture le temps que le régime local démarre. Un délai peut s’appliquer avant l’ouverture des prestations locales : vérifie-le avant de partir.
- Confondre détachement et expatriation. Ce ne sont pas le même régime ni la même durée : le détachement est limité dans le temps, l’expatriation non. Fais écrire ton statut dans ton contrat ou ton avenant.
- Penser que la convention bilatérale te couvre pour le chômage. Selon le CLEISS, aucune ne couvre ce risque.
- Partir dans un pays sans convention sans avoir étudié le système local. Le CLEISS recommande de le faire avant le départ, puis de prévoir la CFE ou une assurance privée si le régime local ne suffit pas.
Questions fréquentes
Mes droits français s’arrêtent-ils tout de suite quand je pars ?
Quand ta caisse reçoit le formulaire de transfert de résidence, tes droits en France sont fermés. Pour un départ définitif, service-public indique que l’expatrié cesse de dépendre de la sécurité sociale française ; si tu as un doute sur la date de fermeture de tes droits, pose la question à ta caisse. Un séjour temporaire comme des vacances ne ferme pas tes droits.
Mon départ n’est pas encore définitif. Que faire ?
Tant que ta résidence reste en France, tes droits restent ouverts. Tu fais la déclaration quand tu cesses réellement de résider en France, dans le mois qui suit.
Mes enfants sont-ils concernés ?
Oui, les enfants mineurs qui partent avec toi sont concernés par la déclaration, et leurs cartes sont à restituer.
La CFE est-elle obligatoire ?
Non, l’adhésion est volontaire. Elle s’ajoute à la protection du pays d’accueil et ne t’empêche pas de profiter d’une convention bilatérale quand elle existe. Le délai de carence dépend du moment de ton adhésion : si tu adhères avant ton départ ou dans les 3 mois qui suivent ton installation à l’étranger, tes soins sont pris en charge immédiatement ; au-delà, la CFE indique un délai de 3 mois si tu as moins de 44 ans et de 6 mois si tu as plus de 45 ans (cfe.fr, consulté le 12 octobre 2026). La cotisation dépend de ton pays, de ton âge et de ta situation familiale : pour une personne seule, la CFE demande par trimestre 180 € (60 € par mois) avant 25 ans et 189 € (63 € par mois) de 25 à 29 ans (JeunExpat), puis 291 € (97 € par mois) de 30 à 34 ans (MondExpat), davantage ensuite avec l’âge (barème « Particuliers » d’avril 2026, cfe.fr, consulté le 12 octobre 2026). Le simulateur de cfe.fr donne le montant exact pour ta famille. Plus de détails dans notre page dédiée.
Et dans les pays du Golfe ou en Malaisie, où il n’y a pas de convention ?
Ces pays ne figurent pas dans la liste du CLEISS. Tes droits dépendent alors du régime local, ou de ce que ton employeur propose. Tu peux compléter par la CFE ou une assurance privée.
Que se passe-t-il pour les soins en France quand je reviens en visite ?
Ça dépend de ton statut. En détachement, les soins peuvent être remboursés au retour sur factures (service-public.gouv.fr). En expatriation, c’est le régime du pays d’accueil qui te couvre, sauf si tu as adhéré à la CFE. Si tu adhères à la CFE, tes soins en France lors d’un séjour de moins de 3 mois consécutifs sont remboursés selon les mêmes principes que l’Assurance Maladie, avec tiers payant possible si le praticien l’accepte (CFE, « Retour en France temporaire et définitif », consulté le 12 octobre 2026). L’offre FrancExpat de la CFE est conçue pour les expatriés qui ont déjà une couverture locale et veulent être couverts en France.
Pour aller plus loin
- Assurance santé pour expatriés dans le Golfe
- Santé à Istanbul : hôpitaux et assurance
- Les démarches à faire avant de quitter la France
- La CFE, la caisse des Français de l’étranger
- Cotiser pour sa retraite depuis l’étranger
- Médicaments et produits interdits à l’entrée selon les pays
- Accoucher à l’étranger dans un pays musulman : maternités et coûts
- Santé à Kuala Lumpur : hôpitaux et assurance
Sources
- Ameli, « Vous êtes travailleur expatrié à l’étranger », mis à jour le 19 janvier 2026 : https://www.ameli.fr/assure/droits-demarches/europe-international/protection-sociale-etranger/travailleur-expatriation-etranger (consulté le 9 octobre 2026)
- Service-public.gouv.fr, « Assurance maladie d’un Français vivant à l’étranger », page vérifiée le 11 janvier 2023 : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F407 (consulté le 9 octobre 2026)
- CLEISS, « FAQ – Expatriation » (sans date affichée) : https://www.cleiss.fr/faq/expatriation.html (consulté le 9 octobre 2026)
- CLEISS, « FAQ – Accords de sécurité sociale » (sans date affichée) : https://www.cleiss.fr/faq/accords_de_securite_sociale.html (consulté le 9 octobre 2026)
- CFE, « Offre FrancExpat » (délais de carence, séjours en France) : http://www.cfe.fr/offre-francexpat (consulté le 12 octobre 2026)
- CFE, page d’accueil (offres et tarifs « à partir de ») : https://www.cfe.fr et FAQ « Retour en France temporaire et définitif » : monespaceperso.cfe.fr (consultées le 12 octobre 2026)
- CLEISS, conventions bilatérales de sécurité sociale en vigueur (sans date affichée ; PDF de décembre 2023) : https://www.cleiss.fr/docs/textes/ (consulté le 9 octobre 2026)