TL;DR : Les Comores délivrent un visa à l’arrivée de 45 jours à la plupart des nationalités (Français, Belges, Canadiens inclus), directement à l’aéroport Prince Said Ibrahim de Moroni, pour environ 30 € (environ 14 760 KMF) d’après France Diplomatie (15 septembre 2026) ; confirme la durée auprès de l’ambassade des Comores à Paris. Au-delà de 45 jours, tu dois demander une prolongation au bureau de l’immigration à Moroni (max 6 mois au total). Pour un séjour longue durée, la carte de résidence se demande auprès de la DGIT (Direction Générale de l’Immigration et du Territoire). Les binationaux franco-comoriens entrent librement avec leur passeport comorien. Ce guide couvre le visa à l’arrivée, la prolongation, la carte de résidence, le statut travailleur, la création d’entreprise, le regroupement familial, le cas Mayotte, et un comparatif avec le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.
Entrée aux Comores — visa à l’arrivée pour la plupart des nationalités
Les Comores font partie des rares pays qui délivrent un visa à l’arrivée (visa on arrival) à presque toutes les nationalités. Pas de démarche consulaire préalable, pas de e-visa à remplir en ligne. Tu obtiens ton visa directement au comptoir de l’immigration à l’aéroport international Prince Said Ibrahim (HAH), situé à Hahaya, à environ 20 km au nord de Moroni.
| Nationalité | Visa requis ? | Durée autorisée | Coût (EUR) | Coût (KMF) | Conditions |
|---|---|---|---|---|---|
| France | Visa à l’arrivée | à confirmer auprès de l’ambassade (sites commerciaux : 45 jours) | environ 30 | environ 14 760 | Passeport valide 6 mois |
| Belgique | Visa à l’arrivée | 45 jours | 30-50 | 15 000-25 000 | Passeport valide 6 mois |
| Suisse | Visa à l’arrivée | 45 jours | 30-50 | 15 000-25 000 | Passeport valide 6 mois |
| Canada | Visa à l’arrivée | 45 jours | 30-50 | 15 000-25 000 | Passeport valide 6 mois |
| Pays de l’Union africaine | Visa à l’arrivée | 45 jours | 30-50 | 15 000-25 000 | Passeport valide 6 mois |
| Franco-Comoriens (binationaux) | Non | Illimitée | Gratuit | Gratuit | Passeport comorien |
Taux de référence mars 2026 : 1 EUR = ~492 KMF (franc comorien arrimé à l’euro via un accord avec la France, taux fixe).
Astuce terrain : Le visa à l’arrivée se paye en euros en espèces au comptoir de l’immigration. Les dollars américains sont aussi acceptés, mais l’euro est préféré (le franc comorien est arrimé à l’euro depuis l’accord monétaire avec la France). Prévois le montant exact — les agents n’ont pas toujours la monnaie. La carte bancaire n’est pas acceptée au comptoir d’immigration. L’aéroport de Hahaya est petit : un seul terminal, deux à trois vols internationaux par jour (Air Austral depuis La Réunion, Ethiopian Airlines, Kenya Airways). Le processus d’immigration prend 15 à 45 minutes selon l’affluence. On te demandera ton passeport, le paiement, et parfois un justificatif d’hébergement (réservation d’hôtel ou adresse d’un proche). Prends une photo du tampon dans ton passeport — il fait foi pour le décompte des 45 jours.
Piège à éviter : Le visa à l’arrivée dure 45 jours, pas 90 comme au Maroc ou en Tunisie. C’est la durée la plus courte du comparatif Maghreb/Afrique francophone. Si tu prévois de rester plus longtemps, tu dois entamer la procédure de prolongation avant l’expiration des 45 jours. Un dépassement (overstay) entraîne une amende à la sortie du territoire, voire un interrogatoire par les agents de la PAF (Police de l’Air et des Frontières). Les montants varient — pas de barème officiel publié — mais les retours terrain mentionnent 20 000 à 50 000 KMF (40 à 100 EUR) par semaine de dépassement. Les Comores sont un petit pays : les agents de l’aéroport te repéreront à la sortie si tu as dépassé ton visa.
Avant de poser le pied aux Comores, finalise tes démarches administratives en France. L’apostille de tes documents (acte de naissance, casier judiciaire) prend 1 à 4 semaines et tu en auras besoin pour toute demande de titre de séjour.
Prolongation du visa — rester au-delà de 45 jours
Si tu veux rester aux Comores au-delà des 45 jours initiaux, tu dois demander une prolongation de visa auprès du bureau de l’immigration à Moroni, qui dépend de la DGIT (Direction Générale de l’Immigration et du Territoire).
Procédure
- Se rendre à la DGIT à Moroni — située dans le quartier administratif du centre-ville, près du Palais du Peuple
- Déposer une demande écrite de prolongation avec ton passeport, une copie du visa d’entrée (tampon), un justificatif d’hébergement et le motif de la prolongation
- Payer les frais de prolongation : environ 25 000 à 50 000 KMF (50 à 100 EUR) selon la durée demandée
- Recevoir le tampon de prolongation dans le passeport — généralement sous 3 à 7 jours ouvrables
Durée maximale
La prolongation est accordée pour des périodes de 1 à 3 mois supplémentaires, pour un séjour total ne dépassant pas 6 mois. Au-delà de 6 mois, tu dois demander une carte de résidence.
Astuce terrain : La DGIT à Moroni fonctionne avec des horaires variables. En théorie : du lundi au jeudi 7h30-14h, vendredi 7h30-11h30 (la prière du vendredi interrompt la journée administrative). En pratique, les agents arrivent vers 8h-8h30 et les dossiers se traitent surtout le matin. Arrive tôt. Le vendredi après la prière, le bureau est fermé. L’administration comorienne est de taille humaine — dans un pays de 900 000 habitants, les bureaux ne sont pas submergés. Le délai réel de traitement est souvent plus court que dans les pays du Maghreb (3 à 7 jours vs 4 à 12 semaines en Algérie).
Important : Les Comores sont un archipel de trois îles (Grande Comore / Ngazidja, Moheli / Mwali, Anjouan / Ndzuani). La DGIT centrale est à Moroni (Grande Comore), mais il existe des antennes sur Moheli et Anjouan. Si tu résides sur Moheli ou Anjouan, tu peux déposer ta demande auprès de l’antenne locale — mais les délais sont plus longs car le dossier remonte à Moroni pour validation. Privilégie un dépôt direct à Moroni si possible.
Carte de résidence — le titre de séjour longue durée
Pour rester aux Comores plus de 6 mois, tu dois obtenir une carte de résidence. C’est l’équivalent du titre de séjour dans les pays du Maghreb. La demande se fait auprès de la DGIT (Direction Générale de l’Immigration et du Territoire) à Moroni.
Types de cartes de résidence
| Type | Durée | Condition principale | Coût (KMF) | Coût (EUR) |
|---|---|---|---|---|
| Carte de séjour temporaire | 1 an (renouvelable) | Motif professionnel, familial, études ou investissement | 50 000-100 000 | 100-200 |
| Carte de résident permanent | 5 à 10 ans | 3-5 ans de séjour régulier continu + activité stable | 100 000-250 000 | 200-500 |
| Carte spéciale (ONG, diplomates) | Variable | Statut diplomatique ou humanitaire | Gratuit à 50 000 | Gratuit à 100 |
Documents requis pour la carte de résidence
Checklist documents — carte de résidence Comores (tous les statuts) :
- [ ] Passeport valide au moins 6 mois + photocopie de toutes les pages tamponnées
- [ ] 6 photos d’identité récentes (fond blanc, 4 x 4 cm)
- [ ] Formulaire de demande de carte de résidence (retiré à la DGIT ou à l’antenne locale)
- [ ] Extrait du casier judiciaire du pays d’origine (bulletin n3 pour les Français) datant de moins de 3 mois, apostillé + traduit en français (le français est langue officielle aux Comores)
- [ ] Certificat médical délivré par un médecin agréé aux Comores (CHN El-Maarouf à Moroni ou médecin libéral agréé)
- [ ] Justificatif de domicile aux Comores : contrat de bail ou attestation d’hébergement signée par le propriétaire + copie de sa CNIC (Carte Nationale d’Identité Comorienne)
- [ ] Justificatif de moyens de subsistance : relevés bancaires, contrat de travail, attestation de pension ou preuve d’investissement
- [ ] Copie du visa d’entrée et des éventuelles prolongations
- [ ] Frais de dossier : 50 000 à 250 000 KMF (100 à 500 EUR) selon le type de carte
Astuce terrain : Aux Comores, le français est langue officielle aux côtés de l’arabe et du comorien (shikomori). Toute l’administration fonctionne en français. Tu n’as donc pas besoin de faire traduire tes documents français en arabe comme au Maroc ou en Algérie — c’est un avantage réel pour les francophones. Le casier judiciaire français est accepté tel quel après apostille. En revanche, les documents rédigés en anglais ou dans une autre langue doivent être traduits en français par un traducteur assermenté.
Délai de traitement
Première demande : 2 à 6 semaines en pratique. L’administration comorienne est plus légère que celle du Maghreb, mais les délais peuvent s’allonger si ton dossier est incomplet ou si des vérifications supplémentaires sont nécessaires. Tu reçois un récépissé au dépôt du dossier qui te sert de justificatif de séjour légal en attendant la carte définitive.
Renouvellement
Dépose ta demande de renouvellement 30 à 60 jours avant l’expiration de ta carte. Les documents sont les mêmes que pour la première demande, à l’exception du visa d’entrée (remplacé par la copie de ta carte en cours). Le délai de renouvellement est généralement plus court (1 à 3 semaines).
Statut travailleur — un marché du travail restreint
Le marché de l’emploi aux Comores est très restreint. Le pays compte moins d’un million d’habitants, un PIB par habitant parmi les plus bas du monde (environ 1 600 USD en 2025), et un taux de chômage élevé (estimations entre 20 et 40 % selon les sources). Trouver un emploi salarié en tant qu’étranger est difficile — mais pas impossible dans certains secteurs.
Secteurs qui recrutent des étrangers
- Éducation : enseignants de français, d’anglais, de matières scientifiques. Les écoles privées (notamment les écoles franco-comoriennes et les institutions internationales) recrutent régulièrement des expatriés. L’Alliance Française de Moroni embauche aussi des professeurs de FLE (Français Langue Étrangère)
- Santé : médecins, infirmiers, pharmaciens. Le système de santé comorien manque cruellement de professionnels qualifiés. Le CHN El-Maarouf (Centre Hospitalier National) à Moroni et les hôpitaux de Mutsamudu (Anjouan) et Fomboni (Moheli) recrutent des étrangers, souvent via des programmes de coopération
- ONG et organisations internationales : UNICEF, PNUD, OMS, Croix-Rouge, Médecins Sans Frontières et de nombreuses ONG françaises (GRET, Initiative Développement) sont présentés aux Comores. Ces postes offrent généralement des conditions salariales supérieures au marché local
- Commerce et import-export : les Comores importent la quasi-totalité de leurs biens de consommation (riz, véhicules, matériaux de construction). Les expatriés avec un réseau commercial (Dubaï, Chine, Tanzanie) trouvent des opportunités dans l’importation
Permis de travail
Les étrangers qui souhaitent travailler aux Comores doivent obtenir un permis de travail délivré par le Ministère du Travail. L’employeur dépose la demande avec le contrat de travail, la fiche de poste et les justificatifs de qualification du candidat étranger.
Important : Le principe de préférence nationale s’applique aux Comores comme dans la plupart des pays. L’employeur doit justifier qu’aucun Comorien qualifié n’est disponible pour le poste. En pratique, ce principe est appliqué avec souplesse dans les secteurs en déficit (santé, éducation, expertise technique). Le permis de travail est valable 1 an et renouvelable. Une fois le permis obtenu, tu peux demander ta carte de résidence au titre du travail. Sans permis de travail, tu ne peux pas légalement exercer une activité salariée — même informelle. Les contrôles sont rares, mais les conséquences sont sérieuses en cas de verbalisation : amende et retrait éventuel de la carte de séjour.
Salaires indicatifs
À titre de référence, voici les fourchettes salariales en 2026 aux Comores :
- SMIG comorien : montant à confirmer auprès du ministère du Travail (les guides donnent de 40 000 à 100 000 KMF par mois)
- Enseignant école privée : 150 000-300 000 KMF/mois (305-610 EUR)
- Médecin hôpital public : 200 000-400 000 KMF/mois (407-813 EUR)
- Poste ONG internationale : 500 000-1 500 000 KMF/mois (1 016-3 049 EUR) selon l’organisme
- Commerce / import-export (indépendant) : variable, 200 000 à 1 000 000+ KMF/mois selon le volume
Piège à éviter : Ne compare pas les salaires comoriens aux salaires français. Le coût de la vie aux Comores est considérablement plus bas qu’en France, mais plus élevé qu’on ne le pense pour un pays à faible revenu. Les Comores importent presque tout : le riz, le sucre, la farine, les véhicules, les matériaux de construction. Ces prix d’importation sont en euros ou en dollars. Un kilo de riz long grain importé coûte 650 KMF (≈ 1,32 €) à Moroni en août 2026 (INSEED), mais un véhicule d’occasion importé coûte autant qu’en France. Il n’existe pas de statistique publique de loyers à Moroni : demande trois offres écrites pour des logements comparables (voir Louer à Moroni). Le coût de la vie est plus proche de celui de l’Afrique de l’Ouest que de celui du Maroc ou de l’Algérie.
Investissement et création d’entreprise
Les Comores cherchent activement à attirer les investisseurs étrangers, notamment les membres de la diaspora comorienne. Le cadre juridique a été modernise ces dernières années, mais il reste perfectible.
ANPI — Agence Nationale de Promotion des Investissements
L’ANPI (Agence Nationale de Promotion des Investissements) est le guichet unique pour les investisseurs aux Comores. Elle est basée à Moroni et accompagne les porteurs de projets dans leurs démarches.
- Adresse : ANPI, Moroni, près du Ministère de l’Économie
- Services : information sur les secteurs porteurs, aide à la constitution du dossier, orientation vers les administrations, obtention des autorisations
- Contact : anpi-comores.com (site officiel)
Créer une entreprise — procédure
- Choisir la forme juridique : SARL (la plus courante), SA, entreprise individuelle. Les Comores utilisent le droit OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires) pour le droit commercial
- Déposer les statuts au Tribunal de Commerce de Moroni (ou de l’île de résidence)
- S’immatriculer au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM)
- Obtenir le NIF (Numéro d’Identification Fiscale) auprès de la Direction Générale des Impôts
- S’inscrire à la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale) si tu as des salariés
- Obtenir la carte de résidence « investisseur » auprès de la DGIT avec le dossier de création d’entreprise
Coûts de création
- Frais de constitution SARL : environ 200 000-500 000 KMF (400-1 000 EUR) tout compris (frais de greffe, notaire, enregistrement)
- Capital minimum SARL (droit OHADA) : 100 000 KMF (~200 EUR) — c’est l’un des seuils les plus bas de la zone OHADA
- Délai de création : 2 à 4 semaines en pratique (l’ANPI annonce 72 heures théoriquement)
Secteurs porteurs pour les investisseurs
- Agriculture : vanille (les Comores sont le 2e producteur mondial), girofle, ylang-ylang (huile essentielle utilisée en parfumerie), cacao
- Pêche : zone économique exclusive maritime considérable, pêche artisanale et semi-industrielle
- Tourisme : secteur sous-développé malgré un potentiel réel (plages, volcan Karthala, faune marine)
- Commerce import-export : importation de biens de consommation (alimentation, véhicules, BTP)
- Immobilier : construction de logements et d’hôtels — la demande dépasse l’offre à Moroni
Astuce terrain : La diaspora comorienne de France est très active dans l’investissement aux Comores. On estime que les transferts d’argent de la diaspora représentent 20 à 25 % du PIB comorien. Beaucoup de Franco-Comoriens investissent dans l’immobilier (construction de villas à Moroni, Itsandra, Mitsamiouli) ou dans le commerce. Les réseaux sont essentiels : rejoins les associations de la diaspora comorienne en France (CCAF — Collectif des Comoriens d’Anjouan en France, ADECM — Association pour le Développement Économique des Comores) et les groupes Facebook/WhatsApp de la communauté. Le bouche-à-oreille est le premier canal d’affaires aux Comores. Le Tribunal de Commerce de Moroni est une petite structure — un avocat local t’aidera à naviguer les formalités. Budget avocat : 100 000-200 000 KMF (200-400 EUR) pour la constitution complète d’une SARL.
Piège à éviter : Le foncier aux Comores est un sujet complexe et conflictuel. Le droit coutumier coexiste avec le droit moderne, et de nombreux terrains n’ont pas de titre foncier enregistré. Avant d’acheter un terrain ou un bien immobilier, exige un titre foncier délivré par la Conservation Foncière. Un acte de vente sous seing privé (accord entre particuliers) ne suffit pas et peut être contesté par un membre de la famille du vendeur des années plus tard. Les litiges fonciers sont la première cause de conflits civils aux Comores. Passe par un notaire et fais vérifier le titre foncier avant tout achat. Ne te fie jamais à un vendeur qui dit « tout le village sait que c’est à moi » — c’est exactement la situation qui génère des litiges.
Binationaux franco-comoriens — un statut particulier
La diaspora comorienne en France est estimée à 300 000 à 400 000 personnes, ce qui est considérable rapporte à la population du pays (environ 900 000 habitants). Beaucoup sont binationaux. Si tu es Franco-Comorien, ta situation est différente de celle d’un étranger.
Ce que tu peux faire sans démarche
- Entrer et sortir librement avec ton passeport comorien, sans visa et sans limite de durée
- Résider indéfiniment — tu n’as pas besoin de carte de résidence puisque tu es citoyen comorien
- Travailler sans permis de travail, aux mêmes conditions qu’un Comorien
- Acheter un bien immobilier sans restriction
- Voter et exercer tes droits civiques comoriens (élections présidentielles, législatives, référendums)
Ce que tu dois faire
- Obtenir ou renouveler ta CNIC (Carte Nationale d’Identité Comorienne) auprès de la mairie de ta commune d’installation. Gratuit. Délai : 1 à 4 semaines. Document indispensable pour la banque, le travail, les actes notariés
- Mettre à jour ton acte de naissance au registre d’état civil de ta commune d’origine (si tu es né en France, transcription de l’acte de naissance français)
- S’inscrire à la CNSS si tu travailles comme salarié ou indépendant
Important — double nationalité : Contrairement à l’Algérie, les Comores reconnaissent la double nationalité de facto. Tu peux présenter ton passeport français ou comorien à l’entrée du territoire — les agents acceptent les deux. En pratique, présenter ton passeport comorien facilite les choses (pas de file « étrangers », pas de visa à payer). L’ambassade de France à Moroni peut t’assister en cas de difficulté, même si tu es aussi Comorien — ce n’est pas le cas en Algérie où la double nationalité n’est pas reconnue juridiquement. C’est un avantage réel pour les binationaux franco-comoriens.
Implications fiscales
Si tu résides aux Comores plus de 183 jours par an, tu deviens résident fiscal comorien. Le système fiscal comorien est relativement simple :
- Impôt sur le revenu : barème progressif, mais les taux effectifs sont bas et le recouvrement est limité en pratique
- Impôt sur les sociétés : 35 % pour les entreprises (taux standard), avec des exonérations possibles pour les investissements agréés par l’ANPI
- Convention fiscale : il n’existe pas de convention de non-double imposition entre la France et les Comores. Tu dois donc veiller à ta situation fiscale avec soin — en pratique, la plupart des binationaux déclarent en France les revenus de source française et aux Comores les revenus de source comorienne
Piège à éviter : L’absence de convention fiscale entre la France et les Comores signifie que tu peux, en théorie, être imposé deux fois sur les mêmes revenus. En pratique, le fisc comorien ne poursuit pas les revenus de source française (il n’a pas les moyens de les vérifier). Mais le fisc français, lui, peut te réclamer l’impôt sur tes revenus mondiaux si tu n’as pas correctement déclaré ton départ fiscal. Avant de t’installer, consulte un conseiller fiscal qui connaît les deux systèmes. Le formulaire 2042-NR (année de départ) et l’inscription au registre des Français établis hors de France (consulat de France à Moroni) sont indispensables pour clarifier ta situation.
Regroupement familial
Tu as obtenu ta carte de résidence aux Comores. Tu veux faire venir ta famille. Voici comment ça fonctionne.
Conjoint et enfants d’un résident étranger
- Le conjoint et les enfants mineurs obtiennent un visa à l’arrivée (45 jours) comme tout étranger
- Ensuite, tu déposes une demande de carte de résidence au titre du regroupement familial auprès de la DGIT
- Documents supplémentaires : acte de mariage (transcrit si célèbre à l’étranger), actes de naissance des enfants, preuve de logement adapté, preuve de revenus suffisants pour le foyer
- La carte de résidence du conjoint et des enfants est alignée sur celle du titulaire principal
Conjoint étranger d’un Comorien
- Si tu es marié(e) à un(e) Comorien(ne), la procédure de regroupement familial est facilitée
- Tu obtiens un visa à l’arrivée (45 jours) puis tu déposes une demande de carte de résidence avec l’acte de mariage légalisé et la CNIC du conjoint comorien
- Le conjoint étranger d’un Comorien peut demander la naturalisation comorienne après 5 ans de mariage et de résidence régulière aux Comores
Astuce terrain : Aux Comores, le mariage religieux (nikah) est la norme sociale, mais seul le mariage civil (enregistré à la mairie / APC) a une valeur juridique pour l’administration. Si ton mariage a été célèbre uniquement religieusement, il ne sera pas reconnu pour la procédure de regroupement familial. Fais enregistrer ton mariage à la mairie avant de déposer ton dossier. Si le mariage a eu lieu en France, il doit être transcrit au registre d’état civil comorien — cette transcription se fait au consulat des Comores à Paris (ou Marseille) avant le départ, ou à la mairie aux Comores après ton arrivée. Délai : 2 à 8 semaines.
Mayotte n’est pas les Comores — une confusion fréquente
C’est le point de confusion numéro un pour les personnes qui s’intéressent aux Comores. Mayotte (Maore) est un département français (département 976) depuis 2011. Ce n’est PAS un territoire de l’Union des Comores.
Important : Les Comores revendiquent Mayotte comme faisant partie de leur territoire national. L’ONU a adopté plusieurs résolutions reconnaissant la souveraineté comorienne sur Mayotte. Mais dans les faits, depuis le référendum de 1974 et le choix de Mayotte de rester française, Mayotte est administrée par la France. Concrètement pour toi :
- Si tu vas à Mayotte, tu es en France. Tu n’as pas besoin de visa (si tu es Français/UE). Les lois françaises s’appliquent. Le droit du travail français s’applique. L’euro est la monnaie. La préfecture de Mayotte gère les titres de séjour pour les étrangers
- Si tu vas aux Comores (Grande Comore, Moheli, Anjouan), tu es dans un pays étranger. Tu as besoin d’un visa. Le franc comorien est la monnaie. Le droit comorien s’applique
- Il n’existe pas de liaison directe régulière entre Mayotte et les Comores par voie légale simple. Les kwassa-kwassa (embarcations de fortune) entre Anjouan et Mayotte font régulièrement la une de l’actualité — c’est une traversée dangereuse et illégale. Par voie aérienne, des vols Inter Îles Air et AB Aviation relient Mayotte à Moroni et Anjouan
Piège à éviter : Ne confonds jamais « s’installer aux Comores » et « s’installer à Mayotte » dans tes recherches. Les procédures, le coût de la vie, les droits, la monnaie — tout est différent. Mayotte a un coût de la vie très élevé (comparable à la métropole, voire supérieur sur certains produits importés). Les Comores ont un coût de la vie très bas mais des infrastructures limitées. Si tu lis un forum ou un témoignage, vérifie toujours si la personne parle de Mayotte (France) ou des Comores (pays indépendant). La confusion est d’autant plus courante que beaucoup de Comoriens font des allers-retours entre les deux territoires.
Comparatif visa : Comores vs Maroc vs Algérie vs Tunisie
Pour situer les Comores par rapport aux autres destinations du monde musulman francophone :
| Critère | Comores | Maroc | Algérie | Tunisie |
|---|---|---|---|---|
| Entrée sans visa (Français) | Visa à l’arrivée (45 jours, 30-50 EUR) | 90 jours (gratuit) | Non (visa consulat obligatoire) | 90 jours (gratuit) |
| Binationaux — accès libre | Oui (passeport comorien) | Oui (passeport marocain/CIN) | Oui (passeport algérien) | Oui (passeport tunisien) |
| Double nationalité reconnue | Oui (de facto) | Oui | Non | Oui |
| Coût carte de résidence annuelle | 50 000-100 000 KMF (100-200 EUR) | 100-500 MAD (9-46 EUR) | 5 000-15 000 DZD (≈ 33-99 EUR au taux officiel, ≈ 18-54 EUR au taux parallèle) | 200-800 TND (59-238 EUR) |
| Délai d’obtention carte résidence | 2-6 semaines | 2-8 semaines | 4-12 semaines | 2-6 semaines |
| Langue administrative | Français / Arabe / Comorien | Arabe / Français | Arabe / Français | Arabe / Français |
| Permis de travail | Obligatoire (souple en pratique) | Obligatoire (attestation ANAPEC) | Obligatoire + quotas stricts | Obligatoire (ANETI) |
| Coût de la vie (famille 4/mois) | à établir poste par poste (voir le guide du coût de la vie aux Comores) | à partir de 17 905 MAD (≈ 1 620 €), postes chiffrés | à partir de 238 528 DZD (≈ 1 580 € officiel, 860 € parallèle) | voir le guide du coût de la vie en Tunisie |
| Proximité France (vol) | 10-12h (escale) | 2h30-3h | 2h-2h30 | 2h30 |
| Francophonie | Francophone (langue officielle) | Largement francophone | Largement francophone | Largement francophone |
| Création entreprise (capital min.) | 100 000 KMF (~200 EUR) | 1 000 MAD (~91 EUR) | 100 000 DZD (≈ 665 EUR au taux officiel, ≈ 360 EUR au taux parallèle) | 1 000 TND (~297 EUR) |
Les Comores se distinguent par trois spécificités : c’est la seule destination qui délivre un visa à l’arrivée sans aucune démarche préalable (ni consulat, ni e-visa), ce qui en fait l’entrée la plus simple du comparatif. C’est aussi le pays avec le coût de la vie le plus bas (une famille de 4 peut vivre avec 400 à 600 EUR/mois si elle adopte le mode de vie local). En revanche, c’est la destination la plus éloignée de la France (10 à 12 heures de vol avec escale, via Nairobi, Addis-Abeba ou La Réunion) et celle avec les infrastructures les plus limitées (coupures d’électricité fréquentes, réseau routier dégradé, accès internet variable). C’est un choix de vie radicalement différent du Maghreb. Pour un comparatif détaillé des visas des autres pays, consulte nos guides sur le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et l’Égypte.
Documents nécessaires — tableau récapitulatif par statut
Checklist documents selon le statut :
| Document | Travailleur | Investisseur | Conjoint Comorien | Regroupement familial |
|---|---|---|---|---|
| Passeport valide 6 mois + copies | Oui | Oui | Oui | Oui |
| 6 photos d’identité (fond blanc) | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Casier judiciaire apostillé | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Certificat médical (médecin agréé Comores) | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Justificatif de domicile aux Comores | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Contrat de travail + permis de travail | Oui | Non | Non | Non |
| RCCM + NIF + statuts société | Non | Oui | Non | Non |
| Acte de mariage légalisé / transcrit | Non | Non | Oui | Oui |
| CNIC du conjoint comorien | Non | Non | Oui | Non |
| Actes de naissance enfants | Non | Non | Non | Oui |
| Preuve de revenus suffisants pour le foyer | Non | Non | Non | Oui |
Conseils pratiques — ce qu’on ne te dit pas dans les guides officiels
Astuce terrain — le système bancaire : Le système bancaire aux Comores est très limité. Deux banques principales : BIC (Banque pour l’Industrie et le Commerce) et BFC (Banque Fédérale de Commerce), plus la SNPSF (Société Nationale des Postes et Services Financiers). Les cartes bancaires ne sont quasiment pas acceptées en dehors des grands hôtels. L’économie est basée sur le cash. Les distributeurs automatiques existent à Moroni mais sont souvent en panne ou à court de billets. Prévois d’arriver avec suffisamment d’euros en espèces et de changer dans les bureaux de change de Moroni (taux fixe, pas de marché parallèle comme en Algérie). Les virements internationaux depuis la France (Western Union, MoneyGram) fonctionnent mais avec des frais élevés (8 à 12 %). Wise (ex-TransferWise) commence à être utilisé mais n’est pas encore généralisé.
Astuce terrain — l’électricité : Les coupures d’électricité sont fréquentes et imprévues aux Comores, y compris à Moroni. La MAMWE (société nationale d’électricité et d’eau) peine à fournir une alimentation stable. Prévois un groupe électrogène ou un onduleur si tu t’installes pour une longue durée. Les panneaux solaires sont de plus en plus populaires, surtout en zone rurale. Ce n’est pas un détail — c’est une contrainte quotidienne qui impacte la qualité de vie, le travail à distance et la conservation des aliments.
Astuce terrain — internet : L’accès internet s’est amélioré aux Comores avec l’arrivée du câble sous-marin EASSy, mais la connexion reste lente et chère par rapport aux standards du Maghreb. Les opérateurs principaux sont Comores Telecom (opérateur historique) et Telma Comores. Un forfait 4G avec 10 Go coûte environ 10 000-15 000 KMF/mois (20-30 EUR). La fibre optique n’est disponible que dans certains quartiers de Moroni. Si tu prévois de travailler à distance (freelance, télétravail), teste la connexion dans ton quartier avant de signer un bail.
Piège à éviter — le transport inter-îles : Se déplacer entre les trois îles des Comores (Grande Comore, Moheli, Anjouan) n’est pas toujours simple. Les vols inter-îles sont assurés par AB Aviation et Inter Îles Air, mais les annulations sont fréquentes (météo, problèmes techniques). Les traversées en bateau (vedettes rapides) sont une alternative mais présentent des risques réels de sécurité — les naufrages ne sont pas rares. Ne prends que les embarcations officielles avec gilets de sauvetage. Les kwassa-kwassa (pirogues motorisées) entre Anjouan et Mayotte sont illégaux et extrêmement dangereux — des centaines de personnes y perdent la vie chaque année.
Pour tout ce qui concerne les démarches de départ et les documents à préparer avant de partir, consulte notre checklist administrative complète avant départ.
FAQ — Visa et séjour aux Comores 2026
Un Français peut-il entrer aux Comores sans visa ?
Non, mais le visa s’obtient directement à l’arrivée à l’aéroport Prince Said Ibrahim de Moroni (Hahaya). Il n’y a pas de démarche consulaire préalable ni de e-visa. Le visa à l’arrivée coûte environ 30 € (environ 14 760 KMF) pour un Français d’après France Diplomatie (15 septembre 2026). Plusieurs sites commerciaux annoncent 45 jours en entrée unique et un paiement en espèces : confirme ces points auprès de l’ambassade des Comores à Paris. Tu as besoin d’un passeport valide au moins 6 mois. Les Franco-Comoriens (binationaux) entrent librement avec leur passeport comorien, sans visa et sans limite de durée.
Combien de temps peut-on rester aux Comores avec un visa touristique ?
Le visa à l’arrivée donne droit à un séjour de 45 jours. Au-delà, tu dois demander une prolongation auprès de la DGIT (Direction Générale de l’Immigration et du Territoire) à Moroni, pour un coût de 25 000 à 50 000 KMF (50 à 100 EUR). La prolongation est accordée par tranches de 1 à 3 mois, pour un séjour total ne dépassant pas 6 mois. Au-delà de 6 mois, tu dois obtenir une carte de résidence.
Quelle est la différence entre les Comores et Mayotte ?
Mayotte (département 976) est un département français depuis 2011. Les Comores (Grande Comore, Moheli, Anjouan) sont un pays indépendant depuis 1975. À Mayotte, c’est le droit français qui s’applique, l’euro est la monnaie, et un Français n’a pas besoin de visa. Aux Comores, c’est le droit comorien, le franc comorien (KMF) est la monnaie, et tu dois obtenir un visa à l’arrivée. Les procédures, le coût de la vie et les infrastructures sont complètement différents entre les deux territoires.
Peut-on créer une entreprise aux Comores en tant qu’étranger ?
Oui. Les Comores utilisent le droit OHADA pour le droit commercial. La forme juridique la plus courante est la SARL, avec un capital minimum de 100 000 KMF (~200 EUR). La création se fait auprès du Tribunal de Commerce et du RCCM. L’ANPI (Agence Nationale de Promotion des Investissements) accompagne les porteurs de projets. Les secteurs porteurs sont l’agriculture (vanille, ylang-ylang), la pêche, le tourisme, le commerce import-export et l’immobilier. Budget total de création d’une SARL : 200 000 à 500 000 KMF (400 à 1 000 EUR) tout compris.
Combien coûte la vie aux Comores pour une famille ?
Une famille de 4 personnes peut vivre aux Comores avec un budget de 200 000 à 500 000 KMF par mois (400 à 1 000 EUR), en adoptant un mode de vie local. Il n’existe pas de statistique publique de loyers à Moroni : demande trois offres écrites pour des logements comparables. L’alimentation locale est abordable (fruits, poisson, manioc), mais les produits importés (riz, lait en poudre, conserves) sont plus chers qu’au Maghreb en proportion des revenus locaux. Les Comores sont la destination la moins chère du comparatif francophone, mais les infrastructures limitées (électricité, internet, routes) compensent en partie cet avantage financier.
Pour aller plus loin
- Vivre aux Comores en famille musulmane — guide complet de la vie quotidienne
- Visa Maroc 2026 : titre de séjour et procédures
- Visa Algérie 2026 : séjour et procédures
- Visa Tunisie 2026 : carte de séjour et procédures
- Visa Égypte 2026 : résidence et procédures
- Démarches administratives avant de quitter la France
- Checklist administrative complète avant départ
- S’installer à Médine : visa, iqama et procédures
Sources : Ministère de l’Intérieur des Comores, DGIT (Direction Générale de l’Immigration et du Territoire), ANPI (Agence Nationale de Promotion des Investissements, anpi-comores.com), Code de la nationalité comorienne, loi portant code des investissements de l’Union des Comores, droit OHADA, Consulat général des Comores à Paris, Banque Centrale des Comores (banque-comores.km), accord de coopération monétaire France-Comores (taux fixe 1 EUR = 491,96775 KMF). Taux de référence mars 2026 : 1 EUR = ~492 KMF.